
Si vous cherchez Chi Phat sur une carte du Cambodge, il y a de fortes chances que ce soit en vain. Chi Phat est une communauté de 500 familles réparties dans 4 petits (très petits) villages. C'est un court paragraphe dans notre Lonely Planet qui a piqué notre curiosité. On y parlait d'un village retiré où un projet d'écotourisme était en développement. Écotourisme et aventure... voilà quelque chose qui nous ressemblait vraiment et après un peu plus de recherche, nous nous sommes décidés à tenter notre chance.
Le commencement
signe qu'il s'agissait de notre arrêt. On rêvait d'un moment comme celui-là depuis le début de notre aventure, mais lorsque l'autobus a poursuivi son chemin et que nous sommes restés derrière, nous avons tout de même ressenti un peu de stress. Quelques minutes plus tard par contre, nous avions déjà réussit à identifier le bateau qui faisait quotidiennement l'aller-retour vers les villages en amont et nous sirotions une bière tablette (température ambiante au Cambodge environ 35 Celcius) assis dans un petit café/dépanneur sous le pont pendant que le bateau chargeait les marchandises à livrer.
Pommes, laitues, glace et matériaux de construction... Lorsque finalement tout fut à bord du petit cargo, nous avons pu prendre place avec les quelques autres passagers sur une vieille glacière entre 2 piles de bardeaux de toiture. La route a pris un peu plus de 2 heures et lorsque le bateau a accosté à un petit quai de bois chambranlant, nous n'avons pas bougé de notre siège pensant que ce ne pouvait être notre arrêt... ce l'était.
Nous avons emprunté l'unique route de terre au centre du village en ayant aucune idée où nous nous dirigions. Heureusement, après un peu moins de 300 m, nous avons aperçu l'affiche du CBET, l'organisation chapeautant le projet d'écotourisme, où nous avons pu obtenir un peu plus d'information sur le projet et organiser notre séjour (prévu initialement pour 3 jours).Le projet

pendant la journée sur un moteur au centre du village et la douche se prenait dans une petite pièce à l'arrière de la maison en puisant l'eau de pluie récupérée dans une grande jarre. Un mode de vie bien loin de celui que nous connaissons au Canada, mais qui nous permettait de connaître le vrai Cambodge.
Pendant notre séjour nous ne pouvions faire autrement qu'adopter un rythme de vie relaxe, marchant tranquillement entre le guesthouse et le bureau du CBET. Nous en avons profité pour approfondir nos notions de Khmer et pour discuter longuement avec les gens travaillant sur le projet. Ceci nous a permis d'en connaître un peu plus sur les croyances et les habitudes de vie des cambodgiens, mais aussi de nous faire de bons amis avec qui nous partagerons plusieurs superbes moments au cours de la semaine.
Nous ferons entre autre une baignade dans la rivière avec quelques enfants et un pique-nique de crabes au coucher du soleil avec nos nouveaux amis. Or, n'allez pas croire que notre semaine à Chi Phat n'a été que du repos. Dans un premier temps, sans éléctricité ou eau courante, la corvée de lavage prend à elle seule quelques heures. Heureusement, lorsqu'elle peut être completée sur le bord de la rivière à l'ombre d'une chute, le tout semble beaucoup moins pénible. De plus, Mathieu dû faire un peu de suppléance et a donné deux classes d'anglais pendant lesquelles il s'est même permis d'enseigner quelques
notions de français. Finalement, nous avons accompagné les travailleurs de la plantation sur la plateforme (une grande remorque de métal tirée par un tracteur de ferme) effectuant la navette quotidienne entre le village et la plantation...
Le trekking
Parmi les activités offertes aux touristes par la communauté, on retrouve quelques options de trekking. Or, on ne pouvait visiter les Cardamones sans en profiter pour garder la forme et aller faire un hiking dans la jungle. C'est donc accompagnés d'un guide et d'un cuisinier que nous avons quitté Chi Phat pour une randonnée de deux jours.
La première avant-midi fut plutôt torride, à marcher à travers les champs exposés au soleil. Ainsi, l'arrêt sur le bord d'un petit cours d'eau pratiquement asséché pour notre premier repas était bien méritée. Après quelques heures additionnelles de marche sous le couvert des arbres et une facile ascension, nous sommes arrivés à notre site de campement en milieu d'après-midi. Nos accompagnateurs ont installé nos hammacs et nous avons fait une petite sièste avant le repas du soir. Math semblait avoir un plaisir fou à se promener avec la machette du guide ayant comme excuse que la structure pour les hamacs nécessitait du renforcement. À la brunante, nous sommes allés observer la vie animale des environs où nous avons pu apercevoir de nombreux oiseaux exotiques et entendu (mais malheureusement pas vu) une "horde" de cochons sauvages!
Les fiancailles
Parmi les gens avec qui nous nous sommes liés d'amitié au cours de notre séjour, il y a Chiva et Veasna. Chiva est originaire de Chi Phat et elle travaille présentement à titre de secrétaire pour le CBET. Veasna, quant à lui, est originaire d'une province voisine et il a travaillé comme guide pendant plusieurs années avant d'être embauché par la Wildlife Alliance pour enseigner l'anglais et accueuillir les touristes jusqu'à ce que ses élèves maîtrisent suffisamment l'anglais pour prendre la relève. Veasna est arrivé à Chi Phat il y a un peu plus de 5 mois, ce qui fut amplement de temps pour qu'il succombe au charme de Chiva et décide d'officialiser leur relation. La cérémonie des fiançailles était prévue pour le samedi suivant notre arrivée et, ayant été chaleureusement invités, nous avons décidé de ne pas quitter le village sans y avoir assiter.
L'imploration des esprits
La fin
C'est le coeur gros, 8 jours après notre arrivée, que nous avons quitté le petit village et les amis que nous nous y sommes fait. Les motos-taxi étaient à l'heure... Chacun derrière notre chauffeur
qui tenait entre ses jambes notre gros sac à dos, nous avons fait notre plus long trajet jusqu'à présent sur une route parfois boueuse (Math a dû traverser un petit bout à pieds pour éviter que la moto s'enlise), parfois sablonneuse (les conducteurs devaient mettre les pieds par terre pour éviter de perdre contrôle de leur engin), mais toujours très cahoteuse.
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